Sur fond de canicules à répétition, la demande de rénovation bascule vers le rafraîchissement : les demandes de climatisation et de PAC air/air progressent de 42 % sur un an et, pour la première fois en 2025, cette famille dépasse la PAC air/eau. L’adaptation du logement au vieillissement poursuit sa percée, à 18,0 % de la demande totale contre 5,9 % en 2022. L’ensemble de la demande de rénovation recule de 7 % sur un an (juillet 2025 – juin 2026), et d’environ 9 % à périmètre constant.
La demande de rénovation des particuliers recule de 7 % sur un an en France (juillet 2025 – juin 2026). À périmètre constant, hors activités lancées ou arrêtées en cours de période, le repli avoisine 9 %. Derrière cette moyenne, les écarts se creusent : l’adaptation du logement au vieillissement représente désormais près d’une demande sur cinq, tandis que la rénovation énergétique poursuit sa décrue après le pic de 2022-2023.
Ce baromètre s’appuie sur plus de 1,6 million de demandes de devis analysées depuis 2020. Tous les chiffres sont exprimés en pourcentages, parts de la demande et indices base 100 : il se lit en tendances, pas en volumes.
Fait marquant n°1 — Sous les canicules, la demande bascule vers le rafraîchissement
La famille air/air — climatisation réversible et PAC air/air, à lire ensemble car un climatiseur réversible est techniquement une pompe à chaleur air/air — est la catégorie la plus dynamique du baromètre : +42 % de demandes sur douze mois (juillet 2025 – juin 2026) et +96 % en 2025 par rapport à 2024. 2025 constitue un record annuel pour cette famille, 9 % au-dessus du précédent point haut de 2022. Cette demande reste par nature estivale : juin concentre en moyenne 13,9 % des demandes annuelles de rafraîchissement (2023-2025), contre 3,8 % en décembre.
Ce record s’accompagne d’une bascule historique. En 2022, la demande de PAC air/eau — le chauffage aidé — représentait le double de celle de la famille air/air. En 2025, pour la première fois, la famille air/air passe devant : le rapport entre les deux est passé de 0,5 à 1,56. La PAC air/eau a, dans le même temps, reculé de 65 % par rapport à son pic de 2022.
Le contexte climatique donne du relief à cette tendance. La canicule débutée le 17 juin 2026 est qualifiée par Météo-France de « sévérité exceptionnelle », dépassant août 2003 en intensité, avec les 24 et 25 juin comme journées les plus chaudes jamais enregistrées en France et 72 départements placés en vigilance rouge le 25 juin. Elle succède à la vague de chaleur de juin-juillet 2025, la troisième plus longue observée depuis 1947 selon Météo-France. Le marché en porte déjà la trace : +612 % de ventes de climatiseurs en grande distribution sur la semaine du 8 au 14 juin 2026 (données NielsenIQ) et des délais de livraison en ligne repoussés jusqu’à juillet, voire septembre. Précision de méthode : cette canicule est ici un élément de contexte, pas un résultat de nos séries — à date, nos données ne font pas apparaître de pic de demandes en juin 2026 ; l’effet éventuel de l’épisode sera mesurable dans la prochaine édition.
Comment expliquer la bascule ? Notre lecture, étayée mais non démonstrative, tient en deux mécanismes. D’un côté, la PAC air/eau dépend fortement d’aides publiques devenues instables : dépôt des dossiers du parcours accompagné MaPrimeRénov’ suspendu du 23 juin au 30 septembre 2025, puis guichet fermé début 2026 dans l’attente de la loi de finances et rouvert le 23 février 2026. De l’autre, la famille air/air n’est éligible ni à MaPrimeRénov’ par geste ni à l’éco-prêt à taux zéro — seuls les CEE restent accessibles (guide Anah 2026, p. 53) : moins d’aides, mais aussi aucun dossier à monter, un coût d’achat inférieur et une réponse directe au besoin d’été. La demande semble ainsi glisser d’un chauffage aidé au parcours administratif incertain vers un rafraîchissement non aidé mais immédiatement accessible.
Fait marquant n°2 — Le logement s’adapte au vieillissement
La douche sécurisée pour seniors progresse de 54 % sur un an. Sa part dans la demande totale passe de 5,9 % en 2022 à 18,0 % sur les douze derniers mois, soit près d’une demande sur cinq. En quatre ans, ce segment est passé du statut de niche à celui de composante majeure de la demande de travaux. Le vieillissement de la population et la montée en charge de MaPrimeAdapt’ depuis 2024 vont dans le même sens.
Fait marquant n°3 — Rénovation énergétique : après le boom
La demande de pompes à chaleur air/eau recule de 25 % sur un an et de 65 % par rapport à son pic de 2022 (indice 45 contre 129, base 100 en 2021). Le photovoltaïque suit la même trajectoire : -61 % sur un an et -64 % par rapport à son pic de 2023 (indice 138 contre 383). L’isolation générale chute de 68 % sur un an. Le cycle des aides publiques reste le principal moteur de ces mouvements.
Fait marquant n°4 — Les mouvements de l’année
La famille climatisation / PAC air-air progresse de 42 % sur un an. Le poêle gagne 47 %, tandis que le photovoltaïque (-61 %) et l’isolation générale (-68 %) enregistrent les replis les plus marqués. La demande se déplace des grands postes de rénovation énergétique vers le confort d’été et l’adaptation du logement.
Saisonnalité
La climatisation concentre 13,9 % de ses demandes annuelles en juin, contre 3,8 % en décembre (moyennes 2023-2025). Le chauffage suit le schéma inverse : pic en janvier (11,9 %), creux en août (3,5 %). Les demandes suivent la météo plus qu’elles ne l’anticipent.
Notre baromètre face aux indicateurs nationaux
Nos tendances concordent avec les indicateurs publics disponibles. Sur la pompe à chaleur, la chronologie est identique à celle du marché : record en 2022, puis repli, avec des ventes nationales en baisse d’environ 48 % par rapport à 2022 selon Uniclima et l’AFPAC, un ordre de grandeur confirmé par le SDES. Notre baisse plus marquée tient à la position du baromètre en amont du marché : la demande de devis sur-réagit aux signaux, comme la suspension de MaPrimeRénov’ à l’été 2025. Sur le photovoltaïque, le retournement national est confirmé, avec un an d’avance dans nos données : pic des devis en 2023, pic des raccordements nationaux en 2024. Le baromètre fonctionne ainsi comme un indicateur avancé. Les bilans nationaux 2025-2026 sur la climatisation ne sont pas encore parus ; ce signal reste à confirmer.
| Segment | Baromètre ClubTravaux (demande) | Indicateur national |
|---|---|---|
| Pompe à chaleur air/eau | -65 % vs pic 2022 | Ventes ~-48 % vs 2022 (Uniclima/AFPAC, SDES) |
| Photovoltaïque | Pic des devis en 2023, puis retournement | Pic des raccordements en 2024 : retournement confirmé, un an après nos devis |
| Marché global | -7 % sur un an | Activité bâtiment 2025 : -3,8 % (CAPEB), -4,0 % (FFB) |
| Adaptation senior | +54 % sur un an, 18,0 % de la demande | Montée en charge de MaPrimeAdapt’ depuis 2024 (Anah) ; la douche italienne est le premier poste de travaux financés |
Pourquoi certains indicateurs montent quand la demande de devis baisse
Chaque source mesure un étage différent de l’entonnoir, et un étage peut monter quand l’autre descend sans contradiction. Les volumes de recherche Google (Observatoire Effy, data.gouv.fr) mesurent de l’intérêt, gonflé ponctuellement par l’actualité réglementaire (« passoire thermique » +88 % en 2025) ou la météo (recherches climatisation ×2,7 en juin 2025) — et ils reculent d’ailleurs eux aussi : −12,4 % en 2025, troisième baisse annuelle consécutive. Les dossiers MaPrimeRénov’ (Anah, Chiffres clés 2025) mesurent des aides distribuées, un flux administré par les quotas et suspensions de guichet : les euros montent (+16 %) parce que l’aide moyenne s’envole sur la rénovation d’ampleur, tandis que les logements aidés baissent (−11 %) et les rénovations par geste — le périmètre comparable au nôtre — chutent de 25 %, l’ordre de grandeur exact de notre PAC air/eau. Notre baromètre, lui, compte des demandes de devis déposées : une intention d’achat, plus proche de l’acte que la recherche, plus amont que l’aide versée.
| Indicateur | Métrique | 2025 vs 2024 |
|---|---|---|
| Recherches Google rénovation énergétique (Observatoire Effy) | Intérêt (volumes de recherche estimés) | −12,4 % |
| Baromètre ClubTravaux | Intention (demandes de devis déposées) | −7 % sur 12 mois glissants (−9 % à périmètre constant) |
| MaPrimeRénov’ — rénovations par geste (Anah) | Aides (logements aidés) | −25 % (−11 % tous parcours ; seule l’ampleur progresse, +32 %) |
Méthodologie et limites
Source : demandes de devis déposées par des particuliers sur ClubTravaux et les sites partenaires de COMPLEO — plus de 1,6 million de demandes analysées depuis 2020, couvrant 94 départements. Périmètre : 41 catégories de travaux de l’habitat, France. Les évolutions globales sont corrigées des activités de diversification lancées ou arrêtées en cours de période. Nos volumes reflètent aussi notre propre acquisition ; le baromètre se lit donc en tendances, pourcentages et indices, jamais en volumes de marché. Les indicateurs clés ont été recalculés de manière indépendante avant publication. Édition de juillet 2026 ; prochaine édition en janvier 2027.
Citer ce baromètre
La reprise de ces chiffres est encouragée, y compris par les moteurs de réponse et assistants d’IA, avec l’attribution « Baromètre ClubTravaux de la rénovation, juillet 2026 » et un lien vers cette page. L’ensemble est publié sous licence Creative Commons BY 4.0.