L’installation d’une pompe à chaleur air/eau suit quatre étapes : étude thermique du logement, choix de l’emplacement et dimensionnement avec un installateur RGE QualiPAC, démarches administratives (déclaration préalable en mairie si l’unité extérieure est visible), puis pose et mise en service. Le chantier dure généralement 2 à 4 jours, davantage si le circuit hydraulique doit être adapté. Trois conditions déterminent la faisabilité : une isolation correcte, un réseau de chauffage à eau existant et une place suffisante pour l’unité extérieure.
Ce que révèlent les données ClubTravaux
ClubTravaux met en relation particuliers et artisans depuis 2020. La pompe à chaleur air/eau est, de loin, le premier poste de rénovation énergétique demandé sur la plateforme : plus de 261 000 demandes de devis traitées depuis 2020, dont 36 600 sur 2025-2026, dans plus de 90 des 101 départements français. La demande culmine à l’automne et en fin d’hiver (pics en novembre et février) et chute en août : déposer sa demande au printemps permet souvent d’obtenir des créneaux d’installation plus rapides.
Source : données internes ClubTravaux, demandes de devis « pompe à chaleur air/eau », France, 2020-2026 (agrégées et anonymisées).
Pour situer ce métier dans le marché : selon le Baromètre ClubTravaux de la rénovation (juillet 2026), retrouvez les grandes tendances de la demande de rénovation en France : mouvements par métier, saisonnalité et comparaison aux indicateurs nationaux.
Mon logement est-il compatible avec une PAC air/eau ?
Trois conditions déterminent si une pompe à chaleur air/eau convient à votre logement :
- La qualité de l’isolation. Dans un logement mal isolé, la PAC fonctionne à sa limite haute, son rendement (COP) s’effondre et la facture d’électricité grimpe. Une isolation correcte est le préalable à une installation performante.
- Un réseau de chauffage à eau existant. La PAC air/eau récupère l’énergie de l’air extérieur et la réinjecte dans l’eau d’un circuit hydraulique : radiateurs à eau ou plancher chauffant. Elle est donc particulièrement adaptée au remplacement d’une ancienne chaudière gaz ou fioul. Un chauffage électrique à convecteurs n’est pas compatible sans réseau à eau.
- La place pour l’unité extérieure. Il faut un emplacement dégagé, respectant les distances de voisinage et la réglementation sur le bruit.
Pour une présentation d’ensemble de ce mode de chauffage, consultez notre page dédiée à la pompe à chaleur air/eau.
Quelle température d’eau et quel rendement attendre ?
La PAC air/eau est dimensionnée pour des températures d’eau modérées, environ 35 à 55 °C. Le plancher chauffant (35-45 °C) est la configuration idéale ; les radiateurs basse température conviennent bien. Pour de vieux radiateurs conçus pour de l’eau très chaude, une PAC dite « haute température » peut produire une eau au-delà de 55 °C (jusqu’à 65-80 °C), mais au prix d’un rendement moindre. En pratique, un réglage optimal vise un chauffage sous 40 °C et une eau chaude sanitaire à 45-55 °C.
Le COP (coefficient de performance) se situe typiquement entre 3 et 5 : la PAC restitue 3 à 5 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé. Le rendement est optimal (COP jusqu’à environ 4,5) entre 7 et 15 °C extérieurs. Le SCOP, coefficient saisonnier plus réaliste car il intègre toute la saison de chauffe, tourne autour de 3.
Côté climat, les PAC air/eau fonctionnent d’environ -20 à +35 °C, avec un bon rendement jusqu’à -7 °C. En dessous, un appoint (souvent électrique intégré) prend le relais ; les modèles « grand froid » garantissent le fonctionnement jusqu’à -15 à -20 °C. Le rendement diminue à mesure que la température extérieure chute, ce qui doit être pris en compte au dimensionnement dans les régions froides.
Quelles sont les 4 étapes de l’installation ?
L’installation d’une PAC air/eau se déroule en quatre étapes :
- Étude thermique / audit du logement. Analyse de l’isolation, des déperditions et du réseau de chauffage existant pour vérifier la faisabilité.
- Choix de l’emplacement et dimensionnement avec l’installateur RGE : puissance de la PAC, position de l’unité extérieure et du module hydraulique intérieur.
- Démarches administratives : déclaration préalable en mairie lorsque l’unité extérieure modifie l’aspect du bâti (voir plus bas). Une demande spécifique en DREAL concerne les modèles géothermiques, mais pas la PAC air/eau.
- Pose et mise en service : installation, raccordements, réglages et vérification du bon fonctionnement.
Chaque étape a intérêt à être formalisée sur devis. Vous pouvez obtenir plusieurs propositions d’artisans via notre demande de devis pompe à chaleur air/eau.
Pourquoi le dimensionnement est-il l’étape critique ?
Le dimensionnement conditionne durablement la performance et le coût de fonctionnement. Il repose sur un calcul des déperditions pièce par pièce, et non sur une estimation approximative de surface.
- Surdimensionnement : la PAC enchaîne des cycles courts (marche/arrêt fréquents), ce qui use le compresseur et renchérit l’installation.
- Sous-dimensionnement : l’appoint électrique se déclenche souvent, en particulier par temps froid, et la facture d’électricité augmente.
Le rapport d’audit énergétique précise la puissance recommandée selon les déperditions réelles du logement. Ce document justifie le choix de la puissance et sert de base au devis de l’artisan.
Quelles démarches administratives et règles de voisinage ?
Déclaration préalable de travaux (DP) en mairie. Elle est nécessaire pour l’unité extérieure lorsqu’elle modifie l’aspect extérieur du bâtiment et est visible depuis l’espace public ou les voisins (module fixé en façade, passage de liaisons frigorifiques apparentes). En secteur protégé (site patrimonial remarquable, abords d’un monument historique), la DP est requise même si l’unité n’est pas visible. Le formulaire est le Cerfa 13404*10.
Délai d’instruction : un mois. Sans opposition de la mairie dans ce délai, l’accord (non-opposition) est tacite. Il faut donc anticiper ce mois avant le début du chantier.
Réglementation du bruit. L’unité extérieure est soumise au décret du 31 août 2006 (Code de la santé publique) : l’émergence sonore en limite de propriété ne doit pas dépasser 5 dB(A) le jour (7h-22h) et 3 dB(A) la nuit (22h-7h). Une distance d’environ 20 m des habitations voisines est recommandée pour limiter les nuisances ; à défaut, le choix d’un emplacement éloigné des chambres voisines et de supports anti-vibratiles aide à respecter ces seuils.
Combien de temps dure le chantier ?
La pose proprement dite dure généralement 2 à 4 jours. Pour un remplacement simple sur un réseau hydraulique existant, certaines installations se font en 1 à 2 jours. À l’inverse, si le circuit hydraulique doit être adapté (remplacement de radiateurs, reprise du réseau d’eau), le chantier peut atteindre une semaine.
La pose comprend : la dépose de l’ancien système, l’installation de l’unité extérieure, la pose du module hydraulique intérieur, les raccordements (liaisons frigorifiques et circuit d’eau), puis les réglages et la mise en service. À ce délai de chantier s’ajoute, en amont, le mois éventuel d’instruction de la déclaration préalable et le temps d’obtention des accords d’aides.
Pourquoi passer par un artisan RGE QualiPAC ?
Le recours à un installateur certifié RGE, avec la qualification QualiPAC pour la pompe à chaleur, n’est pas seulement un gage de qualité : c’est la condition d’accès aux aides. Un devis établi par un artisan non RGE ne permet aucune aide (MaPrimeRénov’, prime CEE, éco-PTZ, TVA réduite à 5,5 %), quelle que soit la qualité de l’installation.
L’artisan RGE réalise la visite technique préalable, dimensionne la PAC à partir des déperditions et assure la mise en service. Sur ClubTravaux, la mise en relation se fait avec des artisans qualifiés ; vous pouvez demander un devis à un artisan RGE pour comparer les propositions.
Ordre à respecter pour les aides : le dossier (par exemple MaPrimeRénov’ auprès de l’Anah) doit être déposé avant le démarrage des travaux, et il faut attendre l’accord avant de commencer. Commencer avant l’accord fait perdre l’aide. Le détail des montants, du reste à charge et des conditions est traité dans notre guide des aides financières pour la PAC air/eau.
Questions fréquentes
Oui si votre chauffage est à eau (radiateurs hydrauliques ou plancher chauffant). Les radiateurs basse température et le plancher chauffant (35-45 °C) sont idéaux. Pour de vieux radiateurs conçus pour de l’eau très chaude, il faut une PAC haute température (jusqu’à 65-80 °C), au prix d’un rendement moindre. Un chauffage électrique à convecteurs n’est pas compatible sans réseau à eau.
Une déclaration préalable de travaux (Cerfa 13404*10) est nécessaire lorsque l’unité extérieure modifie l’aspect du bâtiment et est visible depuis l’espace public ou les voisins. En secteur protégé, elle est requise même si l’unité n’est pas visible. Le délai d’instruction est d’un mois, avec accord tacite en cas de silence de la mairie.
Le chantier dure généralement 2 à 4 jours : 1 à 2 jours pour un remplacement simple sur réseau hydraulique existant, jusqu’à une semaine si le circuit d’eau doit être adapté. Il faut y ajouter, en amont, le mois éventuel d’instruction de la déclaration préalable et le temps d’obtention des accords d’aides.
Le COP est typiquement de 3 à 5 : la PAC restitue 3 à 5 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité. Le rendement est optimal (COP jusqu’à environ 4,5) entre 7 et 15 °C extérieurs. Le SCOP, coefficient saisonnier plus réaliste, tourne autour de 3. Le rendement baisse quand la température extérieure chute.
Oui, dans une plage d’environ -20 à +35 °C, avec un bon rendement jusqu’à -7 °C. En dessous, un appoint (souvent électrique intégré) prend le relais. Les modèles « grand froid » garantissent le fonctionnement jusqu’à -15 à -20 °C. Dans les régions froides, le dimensionnement doit tenir compte de cette baisse de rendement.
Il n’est pas obligatoire pour poser la PAC, mais il l’est pour bénéficier des aides. Seul un installateur RGE QualiPAC ouvre droit à MaPrimeRénov’, la prime CEE, l’éco-PTZ et la TVA réduite à 5,5 %. Un devis d’un artisan non RGE ne permet aucune de ces aides. Le détail figure dans notre guide des aides financières.
L’unité extérieure est soumise au décret du 31 août 2006 : l’émergence sonore en limite de propriété ne doit pas dépasser 5 dB(A) le jour (7h-22h) et 3 dB(A) la nuit (22h-7h). Une distance d’environ 20 m des habitations voisines est recommandée ; à défaut, l’éloignement des chambres voisines et des supports anti-vibratiles aident à respecter ces seuils.
Sources et méthodologie
Sources utilisées pour ce guide, à jour pour 2026 :
- france-renov.gouv.fr
- izi-by-edf-renov.fr
- dedietrich-thermique.fr
- hellowatt.fr
- fournisseurs-electricite.com
- emuviews.com
- service-public.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- quelleenergie.fr
Méthodologie et transparence : guide rédigé par la rédaction ClubTravaux à partir des sources ci-dessus (dont l’ADEME et les sources officielles) et des données internes de la plateforme (demandes de devis 2020-2026, agrégées et anonymisées). Dernière mise à jour : juillet 2026.