Comment procéder à l’installation des fenêtres ?

Mise à jour le : 21 juin 2022

L’installation d’une fenêtre suit la norme NF DTU 36.5 (avril 2010), qui définit quatre techniques de pose (applique intérieure, applique extérieure, tunnel, feuillure) et les règles d’étanchéité, de calage et de fixation. En rénovation, on distingue la pose sur dormant conservé (rénovation partielle) de la dépose totale, qui applique les règles du neuf. Confier le chantier à un artisan RGE conditionne la qualité de la pose et l’accès aux aides.

Ce que révèlent les données ClubTravaux

ClubTravaux met en relation particuliers et artisans depuis 2020. Nos données internes donnent une photographie inédite de la demande réelle en France : plus de 184 000 demandes de devis fenêtres (PVC, aluminium et bois) traitées depuis 2020, dont 32 000 sur 2025-2026, réparties dans plus de 90 des 101 départements français.

Source : données internes ClubTravaux, demandes de devis « fenêtres (PVC, aluminium et bois) », France, 2020-2026 (agrégées et anonymisées).

Quelle norme encadre la pose d’une fenêtre ?

La mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures est encadrée en France par la norme NF DTU 36.5 (partie P1-1, avril 2010), intitulée « Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures ». Ce document technique unifié définit les règles de l’art : choix de la technique de pose, calage, fixation, calfeutrement et étanchéité à l’air et à l’eau.

Respecter le DTU 36.5 n’est pas une formalité : c’est ce qui garantit la durabilité de la pose, l’absence d’infiltrations et le maintien des performances thermiques annoncées. Un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) travaille selon ce référentiel, et son intervention est par ailleurs exigée pour prétendre aux aides à la rénovation. Pour trouver un professionnel qualifié près de chez vous, consultez notre page métier fenêtres.

Quelles sont les techniques de pose de fenêtre ?

Le DTU 36.5 distingue quatre techniques principales :

  • Pose en applique intérieure : la menuiserie est appliquée côté intérieur, contre le mur ou une feuillure. C’est la configuration la plus courante en construction neuve avec isolation intérieure.
  • Pose en applique extérieure : la menuiserie est plaquée côté extérieur du mur.
  • Pose en tunnel : la menuiserie est insérée dans l’épaisseur du mur, sans débordement notable de part et d’autre.
  • Pose en feuillure : la menuiserie prend appui dans une feuillure maçonnée prévue à cet effet.

Le choix dépend de l’épaisseur du mur, du type d’isolation, de l’aspect recherché et de la configuration existante. En rénovation, la technique retenue conditionne aussi la surface vitrée conservée. Un artisan évalue ce point lors de la visite technique.

Rénovation partielle ou dépose totale : quelle différence ?

En rénovation, le DTU 36.5 distingue deux approches :

  • La rénovation partielle : l’ancien dormant (le cadre fixé dans le mur) est conservé, et la nouvelle menuiserie vient se poser dessus. C’est plus rapide et moins invasif, mais cela réduit légèrement la surface vitrée.
  • La dépose totale : l’ancien bâti est entièrement retiré. Dans ce cas, les règles de la pose neuve s’appliquent, quelle que soit la technique retenue. La surface vitrée est préservée et l’étanchéité repartie de zéro.

Avant toute pose en rénovation partielle, le DTU 36.5 impose un examen préalable de l’existant : vérification de la résistance mécanique du dormant conservé, adéquation des fixations, contrôle de l’étanchéité air/eau des assemblages, conformité des garde-corps (NF P 01-012) et compatibilité de la ventilation. Cet examen conditionne le choix entre conservation et dépose totale ; c’est un point que seul un professionnel peut trancher sur site.

Comment se déroule la pose, étape par étape ?

Une pose conforme au DTU 36.5 suit une logique constante :

  1. Préparation du support : contrôle des dimensions, planéité et propreté de l’appui. La surface plane d’appui du dormant (ou fourrure d’épaisseur) sur la maçonnerie doit présenter une largeur minimale de 28 mm, et le recouvrement du dormant sur la maçonnerie doit être d’au moins 13 mm.
  2. Calage : des cales crantées assurent la mise à niveau, l’équerrage et des jeux périphériques réguliers avant fixation. Les cales restent en place après fixation.
  3. Fixation : sur ancien dormant bois, le DTU fixe des charges maximales par vis selon le diamètre (Ø4 mm = 100 N, Ø5 mm = 150 N, Ø6 mm = 200 N), avec un espacement entre deux fixations inférieur à 80 cm.
  4. Calfeutrement et étanchéité : traitement du pourtour sur tout le périmètre (voir section dédiée).
  5. Gestion de l’appui (rejingot) : en pose sur rejingot, celui-ci doit mesurer au minimum 40 mm de large et 25 mm de haut ; le rejet d’eau (bavette) doit présenter une saillie d’au moins 40 mm avec une pente ≥ 5 % pour évacuer l’eau vers l’extérieur.
  6. Finitions et contrôle : vérification de l’ouverture/fermeture, réglage des ferrures, habillage.

Comment garantir l’étanchéité à l’air et à l’eau ?

L’étanchéité est le point le plus sensible d’une pose. Le calfeutrement du pourtour, entre le dormant et la maçonnerie ou l’ancien bâti, est obligatoire sur tout le périmètre. Il se réalise avec un mastic élastique (selon le NF DTU 44.1) et/ou une bande de mousse pré-comprimée, appelée compribande.

Pour résister à la pluie battante, une compribande de classe 2 (tenue entre 300 et 600 Pa) doit être associée à un mastic extrudé (silicone ou polyuréthane). Attention à une erreur fréquente : la mousse polyuréthane expansive est interdite pour l’étanchéité à la pluie et pour le calage de la menuiserie. Elle n’est admise qu’en complément d’isolation thermique ou phonique, sur la face intérieure uniquement. Une pose qui remplace le calfeutrement réglementaire par de la mousse expansive est non conforme et expose à des infiltrations.

Comment choisir une fenêtre performante (Uw, Sw, AEV) ?

Trois familles d’indicateurs guident le choix :

  • Uw (transmission thermique, en W/m².K) : c’est la performance thermique de la fenêtre complète. Plus il est bas, mieux la fenêtre isole. Il combine le Ug (vitrage), le Uf (cadre) et les pertes de liaison vitrage-cadre.
  • Sw (facteur solaire) : la capacité à laisser entrer la chaleur du soleil.
  • Classement AEV : résistance à l’Air (A), à l’Eau (E) et au Vent (V), critère normatif d’étanchéité et de tenue aux intempéries.

Pour être considérée performante en remplacement d’un simple vitrage, une fenêtre doit atteindre Uw ≤ 1,3 W/m².K et Sw ≥ 0,3, ou Uw ≤ 1,7 W/m².K et Sw ≥ 0,36. En construction neuve, la RE2020 vise un Uw proche de 0,8 à 1,3 W/m².K. La performance acoustique se lit, elle, via l’indice d’affaiblissement, utile en environnement bruyant. Ces seuils conditionnent aussi l’éligibilité aux aides : les critères détaillés figurent dans notre guide aides fenêtres.

Combien de temps et combien coûte l’installation ?

Durée : comptez environ 1 à 1,5 heure par fenêtre en rénovation avec conservation du dormant, et 2 à 3 heures en dépose totale. Sur une journée, un poseur traite en général 4 à 5 fenêtres en rénovation.

Coûts indicatifs (fourchettes prudentes, à confirmer par devis) :

  • Changement complet, fourniture et pose comprises : de l’ordre de 150 à 1 200 € par fenêtre selon le matériau (PVC, bois, aluminium), les dimensions et la complexité ; certaines configurations dépassent ce seuil.
  • Main-d’œuvre seule en dépose totale : environ 200 à 400 € par fenêtre, la dépose représentant à elle seule environ 20 % du coût total et incluant généralement le traitement des déchets.
  • Reprise de maçonnerie si l’ouverture est modifiée : de 100 à 500 €.
  • Habillage extérieur : de 50 à 200 € par fenêtre.

Ces montants varient fortement selon le chantier. Pour un chiffrage adapté à votre situation, demandez un devis fenêtres auprès d’un artisan RGE. Le détail du reste à charge après aides est traité dans notre guide dédié aux aides.

Pourquoi faire appel à un artisan RGE ?

Une fenêtre performante mal posée perd une partie de son intérêt : ponts thermiques, infiltrations, condensation ou problèmes de manœuvre proviennent le plus souvent de la pose, pas du produit. Un artisan RGE maîtrise le DTU 36.5, réalise l’examen préalable de l’existant, choisit la technique de pose adaptée et documente l’étanchéité.

Son intervention est également une condition d’accès aux principales aides à la rénovation énergétique. ClubTravaux met en relation les particuliers avec des artisans RGE qualifiés : décrivez votre projet via la page fenêtres ou lancez directement une demande de devis.

Questions fréquentes

Quelle est la norme à respecter pour poser une fenêtre ?

La pose des fenêtres et portes extérieures est encadrée par la norme NF DTU 36.5 P1-1 (avril 2010). Elle définit les techniques de pose, le calage, la fixation, le calfeutrement et l’étanchéité à l’air et à l’eau. Un artisan RGE travaille selon ce référentiel.

Quelle est la différence entre rénovation partielle et dépose totale ?

En rénovation partielle, l’ancien dormant est conservé et la nouvelle fenêtre se pose dessus : plus rapide, mais surface vitrée légèrement réduite. En dépose totale, l’ancien bâti est entièrement retiré et les règles de la pose neuve s’appliquent, ce qui préserve la surface vitrée.

Peut-on utiliser de la mousse polyuréthane pour l’étanchéité d’une fenêtre ?

Non. La mousse polyuréthane expansive est interdite par le DTU 36.5 pour l’étanchéité à la pluie battante et pour le calage. Elle n’est admise qu’en complément d’isolation thermique ou phonique sur la face intérieure. L’étanchéité se réalise avec un mastic élastique (NF DTU 44.1) et/ou une compribande.

Combien de temps faut-il pour poser une fenêtre ?

Comptez environ 1 à 1,5 heure par fenêtre en rénovation avec conservation du dormant, et 2 à 3 heures en dépose totale. Un poseur traite en général 4 à 5 fenêtres par jour en rénovation. La durée réelle dépend de l’accès, du matériau et de la reprise éventuelle de maçonnerie.

Combien coûte l’installation d’une fenêtre ?

À titre indicatif, un changement complet fourniture et pose comprises se situe souvent entre 150 et 1 200 € par fenêtre selon le matériau et les dimensions. La main-d’œuvre seule en dépose totale représente environ 200 à 400 € par fenêtre. Ces fourchettes sont à confirmer par un devis d’artisan RGE.

Que signifient les coefficients Uw, Sw et le classement AEV ?

Le Uw (en W/m².K) mesure l’isolation thermique de la fenêtre complète : plus il est bas, mieux elle isole. Le Sw indique l’apport solaire. Le classement AEV caractérise la résistance à l’Air, à l’Eau et au Vent. Une fenêtre performante atteint par exemple Uw ≤ 1,3 et Sw ≥ 0,3.

Faut-il obligatoirement un artisan RGE pour changer ses fenêtres ?

Ce n’est pas obligatoire pour poser une fenêtre, mais c’est fortement recommandé pour garantir une pose conforme au DTU 36.5. En revanche, l’intervention d’un artisan RGE est une condition d’accès aux principales aides à la rénovation énergétique.

Sources et méthodologie

Sources utilisées pour ce guide, à jour pour 2026 :

Méthodologie et transparence : guide rédigé par la rédaction ClubTravaux à partir des sources ci-dessus et des données internes de la plateforme (demandes de devis 2020-2026, agrégées et anonymisées). Dernière mise à jour : juillet 2026.