Les différents types de toitures : familles, matériaux et critères de choix

Mise à jour le : 23 juin 2022

On distingue deux grandes familles de toitures : la toiture en pente, dont la couverture (tuile, ardoise, zinc, bac acier, bois, chaume) évacue l’eau par gravité, et la toiture-terrasse ou toit plat (pente de 1 à 5 %), assurée par un revêtement d’étanchéité continu. Le choix dépend du matériau, de la pente minimale exigée par les DTU, de la zone climatique, de la durée de vie visée et de l’aspect réglementaire local. Chaque type impose des contraintes techniques précises qu’un couvreur RGE valide au regard du support et de l’exposition.

Ce que révèlent les données ClubTravaux

ClubTravaux met en relation particuliers et artisans depuis 2020. Nos données internes donnent une photographie inédite de la demande réelle en France : plus de 35 000 demandes de devis couverture / toiture traitées depuis 2020, dont 9 500 sur 2025-2026, réparties dans plus de 90 des 101 départements français.

Source : données internes ClubTravaux, demandes de devis « couverture / toiture », France, 2020-2026 (agrégées et anonymisées).

Quelles sont les deux grandes familles de toitures ?

La distinction structurante du métier de la couverture oppose deux familles :

  • La toiture en pente : la couverture est constituée d’éléments discontinus (tuiles, ardoises, bardeaux) ou continus (zinc, bac acier) posés sur une charpente. L’eau est évacuée par gravité. Ces ouvrages relèvent des DTU de la série 40 (règles de couverture).
  • La toiture-terrasse ou toit plat : la pente est faible, généralement comprise entre 1 et 5 %, et l’étanchéité est assurée par un revêtement continu (membrane bitumineuse, asphalte). Ces ouvrages relèvent des DTU de la série 43 (règles d’étanchéité).

Concrètement, le DTU 43.1 couvre l’étanchéité des toitures sur élément porteur en maçonnerie pour une pente inférieure ou égale à 5 % ; au-delà de 5 %, on parle de toiture inclinée. Le DTU 43.3 traite l’étanchéité sur support en tôle d’acier nervurée (bac acier). Cette frontière des 5 % détermine le référentiel technique applicable, donc les responsabilités de l’artisan.

Pour une vue d’ensemble du métier et des interventions possibles, consultez la page dédiée couverture / toiture.

Quelles autorisations d’urbanisme pour changer de type de toiture ?

Le cadre est fixé par le service public de l’urbanisme (source officielle service-public.gouv.fr) :

  • Réfection à l’identique (mêmes matériaux, même teinte, même pente) : ces travaux relèvent de l’entretien courant et sont exemptés de formalité.
  • Déclaration préalable (DP) obligatoire dès qu’on modifie l’aspect extérieur : changement de modèle ou de teinte de tuiles, changement de gouttières, changement de pente, ajout d’une fenêtre de toit ou d’une lucarne.

Le délai d’instruction d’une déclaration préalable est de 1 mois en secteur ordinaire, porté à 2 mois en secteur protégé (abords de monument historique, site classé, etc.). Changer de type de couverture (par exemple passer de la tuile à l’ardoise, ou d’une toiture en pente à une toiture-terrasse) modifie l’aspect extérieur : une DP est donc requise, et le plan local d’urbanisme peut imposer des matériaux ou teintes. Il est prudent de vérifier le PLU en mairie avant tout devis. Un couvreur peut vous accompagner sur le volet réglementaire et technique ; pour cadrer votre projet, demandez un devis.

Tuile, ardoise, zinc, bac acier : quels matériaux pour une toiture en pente ?

Les principaux matériaux de couverture en pente diffèrent par leur zone d’emploi, leur durée de vie et leur prix de fourniture-pose. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives et varient selon la région, l’accès au chantier et la complexité de la toiture.

MatériauZone / emploiDurée de vie indicativePrix indicatif fourniture-pose
Tuile terre cuiteCouverture la plus répandue en France (types régionaux : plate, canal, romane/mécanique)50 à 100 ans40 à 130 €/m² selon le type
Tuile bétonAlternative économique à la terre cuite30 à 50 ansGénéralement plus bas que la terre cuite
Ardoise naturelleTraditionnelle au nord de la Loire (Anjou, Bretagne)75 à 150 ans~100 à 150 €/m²
Zinc et métaux (cuivre, aluminium)Faibles pentes, formes complexes, joint debout50 à 100 ansPouvant dépasser 100 €/m²
Bac acierBâtiments agricoles, industriels, extensionsVariableBas comparé aux autres solutions

La tuile (terre cuite ou béton) est déclinée en variantes régionales : tuile plate (Nord, Bourgogne, Île-de-France), tuile canal et tuile romane à emboîtement (Sud, Méditerranée). La durée de vie est un critère de choix majeur : la tuile béton, moins chère, se dégrade plus vite (porosité, mousse) que la terre cuite.

L’ardoise naturelle est un matériau noble posé au crochet ou au clou, technique et durable. Le zinc et les métaux offrent une couverture continue quasi sans entretien (les mousses n’adhèrent pas) et conviennent aux faibles pentes. Le bac acier (tôle nervurée laquée, parfois en panneau sandwich avec isolant intégré) est léger et économique.

Quelle pente minimale selon le type de couverture ?

Chaque matériau impose une pente minimale, fixée par les DTU en fonction de la longueur de recouvrement et de la zone climatique. La pente exigée augmente en situation exposée (littoral à moins de 5 km, altitude) et en zone de neige. Valeurs indicatives (en pourcentage de pente) :

  • Ardoise : environ 25 à 35 % (souvent citée à partir de 26 %).
  • Tuiles à emboîtement (mécaniques) : à partir d’environ 35 %.
  • Tuiles plates : 70 à 125 % selon la longueur de recouvrement et la zone.
  • Bardeaux bois (tavaillons) : environ 58 %.
  • Chaume : environ 45 % minimum.
  • Shingle (bardeau bitumé) : environ 33 %.
  • Zinc : pente admise faible, environ 5 % minimum.
  • Bac acier : 5 à 15 % selon le profil, le recouvrement et la zone (DTU 40.35).

Pour le zinc, le système de pose dépend de la pente : travées continues à joint debout pour une pente de 5 à 10 %, système à ressauts au-delà de 10 %, et double agrafure en forte pente (ces seuils sont donnés à titre indicatif et relèvent de l’appréciation du couvreur). Le respect de la pente minimale conditionne la garantie décennale : un artisan qualifié vérifie systématiquement la compatibilité entre la pente réelle, le matériau et l’exposition avant de s’engager.

Toit plat et toiture-terrasse : quelles solutions d’étanchéité ?

Une toiture-terrasse est classée « plate » pour une pente comprise entre 1 et 5 %. L’étanchéité, régie par le DTU 43.1 (élément porteur en maçonnerie), repose principalement sur des revêtements bitumineux : asphalte coulé ou bicouche en bitume modifié élastomère SBS, choisis selon la destination de la toiture :

  • Toiture inaccessible (entretien réduit) : une pente pouvant être nulle est admise.
  • Toiture accessible aux piétons : pente minimale généralement de 1 %.
  • Isolation inversée (isolant posé au-dessus de l’étanchéité) : pente maximale de 5 %.

Le DTU 43.3 s’applique lorsque le support est une tôle d’acier nervurée. Le toit plat autorise des usages spécifiques (terrasse accessible, toiture technique, végétalisation) que la toiture en pente ne permet pas, mais il exige un revêtement d’étanchéité parfaitement continu et un entretien de l’évacuation des eaux. La mise en œuvre relève d’un savoir-faire d’étancheur distinct de celui du couvreur en pente.

Toiture végétalisée, chaume, bois : quelles couvertures spécifiques ?

À côté des matériaux courants, plusieurs solutions répondent à des contraintes esthétiques, patrimoniales ou environnementales :

  • Toiture végétalisée : posée sur toit plat ou faible pente (idéalement moins de 15°). Trois types selon l’épaisseur et le poids : extensive (sedum, faible charge, 20 à 60 €/m²), semi-intensive (60 à 120 €/m²) et intensive (véritable terrasse-jardin, 120 à 300 €/m²). Sur bac acier, seule l’extensive ou la semi-extensive est envisageable pour des raisons de charge admissible.
  • Chaume (roseau, paille) : couverture traditionnelle (Normandie, Brière) exigeant une forte pente (environ 45° / 100 %) pour un écoulement rapide de l’eau. Longévité moyenne d’environ 40 ans pour un toit incliné à 45°. Elle nécessite un entretien spécifique et le savoir-faire d’un chaumier.
  • Bardeaux bois (tavaillons) : couverture de montagne, pente minimale élevée (environ 58 %).

Ces couvertures imposent des compétences de pose particulières. Le recours à un artisan spécialisé, idéalement qualifié RGE lorsque des travaux d’isolation sont associés, est déterminant pour la tenue de l’ouvrage.

Changer de toiture : quel lien avec l’isolation thermique ?

Quel que soit le type de toiture, l’enjeu thermique est transversal. Selon l’ADEME, la toiture représente 25 à 30 % des déperditions de chaleur d’un logement : c’est le premier poste de perte. C’est pourquoi le remplacement d’une couverture est souvent l’occasion — parfois l’obligation — d’isoler.

En rénovation, l’exigence de résistance thermique en toiture est de R ≥ 6 m².K/W. Par ailleurs, lors d’une réfection importante de couverture (reprise de plus de 50 % de la surface hors ouvertures), la réglementation impose de traiter l’isolation thermique en même temps (travaux dits « embarqués »), sauf exceptions techniques ou économiques. Ce cadre est porté par l’ADEME et le Code de la construction.

L’isolation embarquée conditionne aussi l’accès à certaines aides financières et suppose de faire appel à un artisan RGE. Pour le détail des aides, du reste à charge et de la comparaison entre isolation de toiture et réfection de couverture, consultez notre guide dédié aux aides toiture. Pour chiffrer un projet précis, le mieux reste de demander un devis à un couvreur.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une toiture en pente et une toiture-terrasse ?

La toiture en pente évacue l’eau par gravité au moyen d’une couverture en éléments discontinus (tuiles, ardoises) ou continus (zinc, bac acier) et relève des DTU de la série 40. La toiture-terrasse ou toit plat présente une pente de 1 à 5 % et repose sur un revêtement d’étanchéité continu régi par les DTU de la série 43. La frontière technique se situe à 5 % de pente.

Quel type de toiture dure le plus longtemps ?

L’ardoise naturelle offre l’une des plus grandes longévités, de 75 à 150 ans. La tuile en terre cuite tient 50 à 100 ans et le zinc 50 à 100 ans. La tuile béton est plus limitée (30 à 50 ans) et le chaume environ 40 ans. Ces durées supposent un entretien adapté et une pose conforme aux DTU ; un couvreur peut évaluer l’état réel de votre couverture.

Faut-il une autorisation pour changer de type de toiture ?

Oui. Une réfection à l’identique (mêmes matériaux, teinte et pente) est exemptée de formalité, mais tout changement de l’aspect extérieur — nouveau matériau, teinte, pente ou ajout de fenêtre de toit — impose une déclaration préalable. L’instruction dure 1 mois en secteur ordinaire et 2 mois en secteur protégé. Le plan local d’urbanisme peut imposer certains matériaux ou teintes.

Quelle pente minimale pour une toiture en zinc ou en bac acier ?

Le zinc admet une pente faible, à partir d’environ 5 %, avec un système de pose adapté à la pente (joint debout, ressauts, double agrafure). Le bac acier requiert une pente de 5 à 15 % selon le profil, le recouvrement et la zone climatique (DTU 40.35). Ces valeurs augmentent en situation exposée ou en zone de neige ; l’appréciation revient au couvreur.

Peut-on poser une toiture végétalisée sur tout type de toit ?

La toiture végétalisée se pose sur toit plat ou faible pente (idéalement moins de 15°). Le type dépend de la charge admissible : extensive (sedum, la plus légère, 20 à 60 €/m²), semi-intensive (60 à 120 €/m²) ou intensive (terrasse-jardin, 120 à 300 €/m²). Sur bac acier, seule la version extensive ou semi-extensive est envisageable en raison du poids.

Changer de couverture oblige-t-il à isoler la toiture ?

Souvent, oui. La toiture représente 25 à 30 % des déperditions de chaleur d’un logement. Lors d’une réfection portant sur plus de 50 % de la surface (hors ouvertures), la réglementation impose de traiter l’isolation en même temps, avec une résistance thermique R ≥ 6 m².K/W, sauf exceptions techniques ou économiques. Ces travaux relèvent d’un artisan RGE ; le détail des aides figure dans notre guide dédié.

Combien coûte une toiture selon le matériau choisi ?

À titre indicatif, la tuile se situe autour de 40 à 130 €/m² fourniture-pose selon le type, l’ardoise naturelle autour de 100 à 150 €/m², et le zinc peut dépasser 100 €/m². Le bac acier est la solution la plus économique. Ces fourchettes varient fortement selon la région, l’accès au chantier et la complexité de la toiture : seul un devis établi par un couvreur permet un chiffrage fiable.

Sources et méthodologie

Sources utilisées pour ce guide, à jour pour 2026 :

Méthodologie et transparence : guide rédigé par la rédaction ClubTravaux à partir des sources ci-dessus et des données internes de la plateforme (demandes de devis 2020-2026, agrégées et anonymisées). Dernière mise à jour : juillet 2026.